2011 : Shlomi est suspendue injustement de l'école
A l'IME, Shlomi se retrouve dans une bagarre avec un autre enfant de l'IME. Moi, sa mère, suis donc convoquée au bureau du directeur de l'IME pour discuter de cet incident. J'étais très impatiente de pouvoir le faire car c'est la première fois que j'obtiens un rendez vous avec un membre de l'Institut malgré tous les appels, mails et courriers alarmants que je leur ai adressés concernant les difficultés d'adaptation de Shlomi.
Aux côtés de ma fille, et enfin face à M. Le Directeur, il n'est finalement plus question de discuter. Celui ci nous déclare que Shlomi a besoin de soins particuliers que l'IME ne peut lui fournir, elle est donc suspendue suite à l'incident avec son camarade. Shlomi est profondément choquée, et je tombe des nues.
Nous sommes le 14 Septembre 2011: Shlomi est exclue du système éducatif, "provisoirement" dans un premier temps, mais jusqu'à maintenant, elle n'a jamais été réintégrée ni à l'IME d'Inguignel, ni dans tout autre IME de l'académie. Voir courrier de suspension de l'IME.
Une suspension discutable sur le fond.
Je me suis attachée à vous détailler précédemment le processus suivi pour établir l'aptitude de Shlomi à fréquenter un IME, pour vous montrer qu'il n'a pas été pris à la légère. Si effectivement, ma fille avait besoin de soins particuliers, l'Equipe de Suivi Scolaire composée de professionnels de santé et de représentants de l'IME d'Inguignel en aurait fait mention à un moment ou un autre. Ca n'a pas été le cas, et tous, ont déclaré Shlomi apte à poursuivre sa scolarité en IME.
Depuis que Shlomi n'est plus scolarisée, je la garde à la maison. Pour maintenir (de manière précaire) ses acquis scolaires, notre aide familiale populaire se déplace à notre domicile plusieurs fois par semaine. Elle s'occupe également des frères et soeurs de Shlomi. Elle n'est aucunement spécialisée dans la pédagogie pour enfants handicapés.
J'envoie aussi Shlomi au centre de loisirs avec ses frères et soeurs les mercredis et quelques fois pendant les vacances scolaires. Ce centre n'a pas non plus vocation à accueillir des enfants handicapés. C'est un centre de loisirs tout ce qu'il y a de plus banal où Shlomi se retrouve avec des enfants qui n'ont pas le dixième de ses difficultés.
Aussi bien au sein du centre de loisirs qu'avec Anita, notre aide familiale populaire, tout se passe bien pour Shlomi. Il est donc étonnant qu'un Institut Médico-Educatif pour enfants handicapés se déclare incompétent pour la prendre en charge. Je ne manquerai pas, d'ailleurs, de vous écrire un article sur le handicape de Shlomi, qui peut se résumer à une déficience mentale modérée.
Suite à la suspension, un médecin de Kerpape, centre de rééducation et réadaptation fonctionnelle, a adressé au directeur de l'IME un courrier concernant Shlomi. Il suit ma fille depuis 2007. Il affirme à M. Le Directeur que "Shlomi a clairement sa place dans un IME"et que de fait, Kerpape n'a pas de prise en charge à lui proposer.
Je suis ensuite allée voir le Pédiatre qui suit Shlomi depuis l'âge de 3 ans. Il a pu attester par écrit que "l'état de santé de Shlomi ne s'est pas modifié récemment et ne nécessite pas de prise en charge médicamenteuse". C'est également ce qu'affirme le neuro pédiatre de l'Hôpital du Scorff (Lorient).
Toutes ces attestations sur l'état de Shlomi ont été adressées à la MDA ainsi qu'à l'IME.
Ci-joints les documents rédigés par les médecins de Shlomi.
Une suspension qui ne respecte pas la forme.
La procédure qui aurait du être respectée nous aurait évité la situation actuelle: Shlomi a été suspendue mais il n'y a pas eu de solution de prise en charge, ne serait ce que temporaire.
Premièrement et avant toute décision hâtive, la MDA aurait du être prévenue des intentions de l'IME de suspendre Shlomi. La MDA est en charge du protocole de scolarisation de Shlomi, elle doit être en mesure d'apporter une solution de secours, encore faut il qu'elle soit avertie de la situation et qu'elle puisse prendre part au processus décisionnel.
D'ailleurs, lorsque la procédure est suivie correctement, la MDA elle-même se charge d'envoyer la notification de suspension.
Pour le cas de Shlomi, le directeur de l'IME n'a pas pris soin de consulter la MDA pour prononcer la suspension de Shlomi. La MDA ne nous a donc pas délivré de notification de suspension (nécessaire pour pouvoir faire appel de la décision). C'est moi-même, la maman de Shlomi, qui ai eu l'initiative de prendre contact avec la MDA pour l'alarmer.
Ce n'est qu'après coup que le directeur a organisé une réunion dont le but était de trouver une solution pour un retour progressif de Shlomi à l'IME. L'effet de cette réunion a été nul, puisque à l'heure où nous écrivons ces lignes, Shlomi n'a toujours pas retrouvé le chemin de l'école.

Commentaires
Enregistrer un commentaire