Mars 2020, un stage à l'ESAT de Caudan : chronique d'une catastrophe
La MDPH a accordé une orientation en ESAT le 21 mars 2019.
Quelques stages en immersion vont être effectués :
- Une fois par semaine, en cuisine à l'ESAT ARMOR-ARGOAT de Caudan (bilan non concluant), et 1 fois par semaine en conditionnement à l'ESAT de Larmor-Plage : nous attendons toujours le bilan mais il a l'air d'être positif, les éducateurs et les moniteurs s'accordent sur ce point.
Je précise ici la différence entre immersion et stage : en immersion, Shlomi est accompagnée par un éducateur de l'IME et travaille avec plusieurs autres jeunes de l'IME durant sa journée, tandis qu'en stage, elle est seule à faire le travail qu’on lui a montré lors de ses journées d’immersion et l'éducateur de l'IME n'est pas présent..
D'après les éducateurs, Shlomi aime bien faire la cuisine mais a du mal à se concentrer. C'est un lieu où il y a du monde qui circule et la foule peut la perturber (par exemple, en voyant une connaissance, elle reste discuter et risque donc d'oublier les tâches qui lui sont confiées). elle n'y obtiendra de toute manière pas de stage, malgré sa demande.
- Du 14 au 18 octobre 2019, Shlomi réalise un stage en autonomie très bref, en conditionnement à l'ESAT de Caudan. Elle n'a pas le temps d'y prendre ses marques car elle n'y va que la matinée et , en plus, elle a réalisé ce stage précisément la semaine où il y avait une sortie de cohésion de l'équipe. En tout et pour tout, elle a travaillé trois demies journées.
- En mars 2020, arrive enfin un stage pour 2 semaines, sans accompagnement, en conditionnement à l'Esat ARMOR-ARGOAT de Caudan. Shlomi appréhendait ce stage et était un peu stressée mais elle était contente d'y aller. Au départ, il n'y a pas eu de signe de refus mais, au bout du 3ème jour, elle commence à nous montrer des signes de fatigue (ex: en rentrant à la maison, elle prend son goûter et va dormir aussitôt après).
Quand, en conduisant Shlomi à son stage, je croisais, le moniteur d'ESAT, celui-ci nous laissait entendre que Shlomi réalisait les tâches demandées et qu'elle était très motivée.
Or, au bout d'une semaine, le chef d'établissement de l'IME m'appelle et m'annonce la rupture du stage de Shlomi au motif qu'elle ne se sent pas bien, d'après une psychologue vue sur le lieu de stage.
Shlomi a donc été vue par un psychologue sans que je le sache, et je me questionne sur la pertinence de cette intervention. Je souligne que Shlomi est handicapée intellectuelle et ne souffre pas de troubles psychiques, ce qui est une différence notable avec une grande partie des travailleurs accueillis dans cet ESAT.
Premier bilan réalisé par la psychologue : Shlomi ne se sent pas bien à son poste, est souvent fatiguée. (Il s'agit de la première fois en 20 ans que Shlomi trouve enfin un stage pour une semaine complète, et ce rythme lui demande un petit temps d'adaptation)
Le lundi suivant, Shlomi retourne à l'IME avec beaucoup d'angoisse suite aux appréhensions et attentes à son égard. Nous avions bien préparé Shlomi avant le stage pour qu'elle se prépare psychologiquement à y travailler 2 semaines, elle n'a donc pas compris pourquoi le stage s'est arrêté avant le jour prévu et a vécu cette situation comme un échec personnel.

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